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En coulisse

« Unreal Tournament » sur le premier iMac

Samuel Buchmann
7/4/2026
Traduction : Martin Grande

Avec l’iMac, Apple a rendu les ordinateurs cool au tournant du millénaire. 25 ans plus tard, j’appuie à nouveau sur le bouton de démarrage, en quête de souvenirs d’enfance.

Nous sommes en 2001. Je suis assis à l’étage d’une petite maison mitoyenne dans un village thurgovien. C’est ici qu’habite mon copain d’école. Son père est prof de maths et possède tout un tas de Mac, en adéquation avec sa barbe fournie et son côté hippie soixante-huitard. Parfois, il s’allonge sur le canapé, ferme les yeux pendant tout un après-midi, et dit qu’il réfléchit.

Ce qui m’intéresse, c’est que mon copain vient de recevoir son premier ordinateur. Un Mac, évidemment. Plus précisément, un iMac bleu indigo qu’il s’est offert avec ses économies. L’iMac ne ressemble à aucun autre ordinateur, avec ses couleurs vives, son élégance et son allure résolument cool. Mais surtout, Unreal Tournament y est installé.

Tiens, un fusil de sniper. Elle va sûrement se planquer dans la tour... Campeuse !
Tiens, un fusil de sniper. Elle va sûrement se planquer dans la tour... Campeuse !

Dans Unreal Tournament, on peut tirer des roquettes sur des bots et d’autres joueurs. Du sang et des membres volent dans tous les sens. Waouh ! Mon copain et moi n’avons que 13 ans, mais nos parents ne sont pas très regardants sur les recommandations d’âge des jeux vidéo. Après avoir joué, on se livre à de vrais deathmatches dans les combles avec des armes d’airsoft (vidéo en allemand). Nos mères n’apprécient guère, mais si on porte des masques de ski, l’activité est tolérée. Les années 2000 à la campagne, tout simplement.

Cet article fait partie de notre série consacrée au 50e anniversaire d’Apple. Vous trouverez l’aperçu de tous les articles ici :

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Le premier ordinateur cool

L’iMac est une révolution. C’est le premier design d’ordinateur qui ne donne pas envie de détourner le regard. Avec son boîtier transparent et stylé, ce PC tout-en-un dégage quelque chose de convivial et d’accessible. À sa place aussi bien dans les écoles que dans les salons, il est idéal pour toutes les personnes qui n’avaient jamais touché à un ordinateur. Contrairement aux PC classiques avec leur écran externe et leurs haut-parleurs séparés, l’iMac ne cause aucun enchevêtrement de câbles. L’installation ne prend pas dix minutes, un avantage qu’Apple exploite dans un spot publicitaire.

Le revers de cette simplicité, ce sont des interfaces limitées pour les anciennes technologies. Il manque notamment un lecteur de disquettes et un port série. Jony Ive et Steve Jobs misent plutôt tout sur le CD-ROM, l’USB et une connectivité réseau moderne : le « i » signifie Internet. L’iMac est le premier ordinateur grand public entièrement conçu dans cette optique. Il intègre un modem 56k et un port Ethernet 10/100 Mbit.

Cette rupture radicale d’Apple avec les anciens standards vaut à l’iMac son lot de critiques. Selon New York Times (en anglais), « quelques rares utilisateurs pourraient éventuellement se passer de supports physiques en sauvegardant leurs fichiers sur un serveur réseau ou sur Internet, mais la plupart des consommateurs qu’Apple souhaite séduire vivent dans un monde où les disquettes jouent un rôle essentiel. »

La connectique était radicalement réduite pour l’époque.
La connectique était radicalement réduite pour l’époque.

Les performances sont correctes pour un prix de 1200 dollars, mais rien d’exceptionnel (lien en anglais). Le premier iMac embarque le processeur Power G3 cadencé à 233 mégahertz (MHz) et 32 mégaoctets (Mo) de mémoire vive (RAM). Grâce au cache, le Mac peut en outre simuler jusqu’à 36 Mo de RAM virtuelle. Cette phrase me procure un drôle de déjà-vu inversé en 2026 : le MacBook Neo utilise toujours la mémoire swap pour pallier sa mémoire vive insuffisante.

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Les possibilités de mise à niveau de l’iMac sont quasi inexistantes, ce qui pose rapidement problème tant le matériel progresse à vive allure dans les années 2000. L’écran est certes bon, mais avec une diagonale utile de 13,8 pouces, il est déjà petit pour l’époque. Pour mettre à niveau le processeur, il faut remplacer toute la carte fille, et Apple considère aussi le disque dur comme un élément immuable de leur machine. Seule la mémoire vive se laisse étendre sans difficulté.

Seule la mémoire vive pourrait être facilement remplacée par des modules plus grands.
Seule la mémoire vive pourrait être facilement remplacée par des modules plus grands.

Le premier iMac portait déjà l’ADN de l’Apple d’aujourd’hui

Nous sommes en 2026. Je suis de nouveau assis devant un iMac de 1999 (deuxième génération, couleur graphite). Je l’ai acheté sur Ricardo pour 200 francs dans le cadre de cet article. Lorsque j’appuie sur le bouton de démarrage, le grésillement du moniteur à tube cathodique me ramène 25 ans en arrière. Le célèbre Mac Chime retentit tandis que le disque dur se met à tourner.

À ma grande surprise, je m’y retrouve encore parfaitement sur ce vieil iMac. L’ancien propriétaire a installé Mac OS X en version 10.1. La structure des menus et l’interface utilisateur ressemblent beaucoup à ce que l’on connaît aujourd’hui. Je commence par accélérer la souris, monter le volume des haut-parleurs et augmenter la luminosité de l’écran, dont le rendu est étonnamment bon. J’ai le choix entre 1024 × 768 pixels à 75 hertz et 800 × 600 à 95 hertz. La fréquence d’images plus élevée me semble plus importante que la résolution supérieure. À 75 hertz, je perçois le scintillement typique des écrans CRT, mais il disparaît à 95 hertz.

Romantisme cathodique en 800 × 600 pixels.
Romantisme cathodique en 800 × 600 pixels.

Les haut-parleurs me surprennent aussi agréablement. Les ingénieurs d’Apple tiraient déjà un son remarquable de ces petits haut-parleurs intégrés en 1999. Ils ne sont certes pas très puissants, mais offrent un son équilibré. Cette signature se retrouve encore aujourd’hui dans les produits Apple : les haut-parleurs intégrés du Studio Display et du MacBook Pro demeurent imbattables dans ce facteur de forme.

La promesse fondamentale de l’iMac résidait dans une installation simple. Vu l’ancienneté du logiciel, cette promesse n’a pas la même valeur aujourd’hui. J’obtiens certes une connexion Internet instantanément en branchant un câble réseau, mais je ne peux pas en faire grand-chose. L’Internet Explorer 5.1 préinstallé n’est pris en charge par aucun site web moderne. Avec le navigateur iCab, que je déniche sur le site rétro « Macintosh Garden », Google fonctionne, mais rien d’autre. iCab ne gère pas non plus les certificats de sécurité actuels.

Je peux faire une recherche Google, mais chaque clic supplémentaire mène à un message d’erreur.
Je peux faire une recherche Google, mais chaque clic supplémentaire mène à un message d’erreur.

« Unreal Tournament » comme en 2001

Les programmes hors ligne comme iMovie et iTunes fonctionnent parfaitement. Je pourrais par exemple transférer de la musique sur un iPod et jouer aux échecs. Après m’être fait battre trois fois par l’ordinateur, je décrète que les échecs, c’est nul. Je préfère rejouer à Unreal Tournament.

Je n’ai plus de CD du jeu. Je cherche donc un fichier ISO. Je le trouve aussi légalement sur Macintosh Garden (en anglais), car Unreal Tournament est désormais officiellement disponible gratuitement. Il ne me reste plus qu’à transférer le fichier sur l’iMac, ce qui n’est pas une mince affaire. Le vieil ordinateur ne reconnaît aucune de mes clés USB, car le contrôleur USB 1.1 intégré pose problème avec les périphériques de grande capacité. Impossible de télécharger quoi que ce soit non plus à cause des problèmes de navigateur, et les dossiers partagés semblent ne pas fonctionner.

C’est finalement l’accès par FTP qui apporte la solution. Je peux ainsi transférer le fichier ISO depuis mon Mac moderne vers le vieil iMac. Le reste est plus facile que prévu : l’ISO se monte comme un lecteur virtuel sans logiciel supplémentaire. Sous Windows, il me fallait autrefois Daemon Tools pour cela. Quelques minutes plus tard, le jeu de tir d’arène est installé et se lance sans problème. Cool !

Je dois installer le jeu dans l’environnement Classic de Mac OS 9.
Je dois installer le jeu dans l’environnement Classic de Mac OS 9.

Le jeu ne tourne pas particulièrement bien. Le processeur à 350 MHz et la carte graphique ATI Rage avec ses 8 Mo de SGRAM sont trop faibles pour les graphismes, pourtant bons pour l’époque. En détails bas, ça reste jouable, mais le jeu continue de saccader dans les scènes d’action. Ce n’est pas le souvenir que j’en avais. Mon copain d’école avait probablement un iMac plus récent et mieux équipé à l’époque.

Meurs, Luthienne !
Meurs, Luthienne !

Peu importe. Je brave les chutes de fps, lance une partie et tire des roquettes sur les bots. Ils explosent avec autant de brutalité qu’à l’époque. On est de nouveau en 2001, j’ai 13 ans et je suis assis à côté de mon copain d’école, à l’étage d’une petite maison mitoyenne dans un village thurgovien.

Nous parlons aussi des premiers iMac dans le dernier épisode du podcast « Angefressen » (en suisse allemand) :

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Mon empreinte digitale change régulièrement au point que mon MacBook ne la reconnaît plus. Pourquoi ? Lorsque je ne suis pas assis devant un écran ou en train de prendre des photos, je suis probablement accroché du bout des doigts au beau milieu d'une paroi rocheuse. 


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