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Michelle Brändle
En coulisse

L’erreur de génie d’Apple : pourquoi l’échec du Newton a ouvert la voie à l’iPhone

Michelle Brändle
5/4/2026
Traduction : Yannick Meilleray

Avec le MessagePad, mieux connu sous le nom de Newton, Apple a tenté de se projeter dans l’avenir et a échoué de manière spectaculaire. Ce qui était considéré comme un échec technique en 1993 a posé les bases de l’iPhone et des puces d’aujourd’hui.

Le MessagePad est arrivé sur le marché en 1993 et servait de carnet de notes et d’agenda avec un stylet intégré. La nouvelle gamme d’appareils d’Apple était également connue sous le nom de Newton, qui était en réalité le nom du système d’exploitation. Apple vantait le produit pour sa reconnaissance d’écriture manuscrite innovante, et a échoué lamentablement.

Retour sur un appareil qui était trop en avance sur son temps.

Cet article fait partie de notre série consacrée au 50e anniversaire d’Apple. Vous trouverez l’aperçu de tous les articles ici :

  • En coulisse

    Les 50 ans d’Apple

    par Samuel Buchmann

C’est avec impatience que j’insère les piles…

Le Newton que je teste est un MessagePad 120 datant de 1994, le successeur du MessagePad original. Il était avant tout destiné à corriger les bugs logiciels de ses prédécesseurs.

La première chose que je découvre sur le Newton me plaît : un appareil avec un stylet et une fonction de prise de notes ? Je suis partante !

Le fait d’insérer quatre piles AA et de ne pas avoir à charger cette mini-tablette avant de l’utiliser éveille en moi un sentiment de nostalgie. De plus, je trouve tous ces boutons et curseurs un peu partout géniaux. Mon petit coup de cœur est toutefois le logo Apple coloré. Apple, s’il vous plait, c’est l’heure d’un comeback ! J’adore !

Je veux absolument retrouver ce logo aux couleurs arc-en-ciel.
Je veux absolument retrouver ce logo aux couleurs arc-en-ciel.

Je souhaite d’abord régler les informations système, comme la date du jour... et je suis au bord du désespoir. L’appareil est réglé sur juin 1997. Caché quelque part dans les options, je trouve le paramètre « Informations sur le propriétaire ». Or, lorsque je règle la bonne date, elle n’est pas prise en compte et je me retrouve soudainement en 1992. Comme tout fonctionne si lentement et que je dois à chaque fois modifier toutes les informations me concernant ainsi que la date, j’abandonne après la troisième tentative.

Je n’arrive pas à régler la date du jour.
Je n’arrive pas à régler la date du jour.

Lors de mes recherches, je découvre que le Newton a effectivement un bug au niveau de la date. Le logiciel n’était apparemment pas conçu pour fonctionner aussi longtemps. C’est pourquoi, à partir de 2010, il existe un glitch (en allemand) qui empêche de saisir la date actuelle. L’année dernière, des utilisateurs ont même constaté un deuxième bug qui bloque complètement le Newton ou le réinitialise lors du changement de date.

Remontons donc directement en 1993 et jetons un œil à la publicité de l’époque. Elle me fait sourire, les vêtements de l’époque suscitent à eux seuls un sentiment de nostalgie et j’apprécie le lien organique entre technologie et nature. Je ne peux toutefois m’empêcher de rire quand Apple explique en voix off à quel point la prise en main de l’appareil semble naturelle.

Mes premiers essais mettent ma patience à rude épreuve

Une fois que j’ai jeté un coup d’œil sur toutes les fonctions du Newton, je remarque à quel point il ressemble à une tablette E-Ink : carnet de notes numérique, agenda, rédaction d’e-mails, gestion des contacts. Il est également possible de créer des tableaux, résoudre des calculs et jouer à des jeux.

Le Newton offre de nombreuses possibilités.
Le Newton offre de nombreuses possibilités.

La grande différence : le temps de réponse du Newton est encore bien plus lent que sur les tablettes E-Ink. En revanche, la batterie tiendra probablement encore les dix prochaines années. En tout cas, la grande barre de batterie ne diminue pas d’un millimètre pendant mon test.

On a l’impression que les piles durent une éternité.
On a l’impression que les piles durent une éternité.

J’essaie de m’attaquer aux fonctions du Newton et j’échoue pour la plupart d’entre elles. Je déconseille tout particulièrement de rédiger des e-mails dessus. Cela me prend une éternité et ma patience n’est pas à la hauteur de la lenteur et du manque de fiabilité de l’appareil. La gestion des contacts est aussi extrêmement fastidieuse. Chaque saisie nécessite un temps d’attente avant d’être enregistrée par l’appareil.

Ne parlons même pas des jeux. La version téléchargée de Battleship a expiré, et je dois payer 10 USD pour pouvoir continuer à jouer. Il semble que cela n’ait pas beaucoup changé depuis. Le jeu de dés Yazi fonctionne certes, mais il est tout sauf intuitif. Il n’y a malheureusement pas de mode d’emploi installé et je passe donc quelques minutes à tâtonner. Lorsque je découvre que je peux lancer les dés via l’icône représentant un crayon, le jeu prend un peu de vitesse. Cependant, les animations sont très minimalistes et la présentation prête à confusion. Au bout de 10 minutes, je suis plus agacée que divertie et j’abandonne.

En avance sur son temps... et quel est le rapport avec les Simpsons ?

Apple a fait la promotion du premier MessagePad en 1992 avec une reconnaissance automatique de l’écriture manuscrite (en anglais). S’agissant d’une nouveauté, les attentes du public étaient élevées. Apple ne s’est pas démonté face à la difficulté, même si les premiers prototypes étaient encore truffés de bugs : l’appareil est entré en production en série en 1993, avec un prix de vente qui, à l’époque, s’élevait à 699 USD. Corrigé de l’inflation, cela correspond aujourd’hui à environ 1500 dollars ou 1190 francs suisses.

Mon appareil de test, le MessagePad 120, est équipé de la version 2.0 révisée de ce système de reconnaissance d’écriture manuscrite qui, malheureusement, ne convainc toujours pas. Même si je m’efforce d’écrire de manière particulièrement belle et lisible, le logiciel fait toujours de nombreuses erreurs lors de la conversion en caractères d’imprimerie. Cette fonctionnalité n’a donc aucun intérêt. Je suis sûr que c’était aussi l’une des raisons de l’échec du Newton à l’époque.

L’appareil ne reconnaît pas non plus mon écriture, même lorsque je m’applique.
L’appareil ne reconnaît pas non plus mon écriture, même lorsque je m’applique.

Cette fonctionnalité ratée a même fait l’objet d’un épisode des Simpsons à l’époque. Dans une scène, le personnage de Kearney tente d’écrire une note sur son Newton : « Beat up Martin » (Frappe Martin). Le Newton transforme cela en : « Eat up Martha » (Mange Martha). Cette blague a marqué les esprits à tel point qu’Apple y faisait référence en interne pour parler de mauvais logiciels. Elle illustre en tout cas parfaitement pourquoi l’image du Newton était si ternie, même si je peux heureusement désactiver la reconnaissance et simplement utiliser mon écriture manuscrite.

La deuxième nouveauté qui devait jouer un rôle dans l’avenir d’Apple est l’assistant : lorsque j’écris « Dîner avec Alex mardi », le système reconnaît les mots, ouvre le calendrier, recherche le mardi suivant et crée une entrée. Pour l’année 1994, c’est presque magique et cela est considéré comme l’ancêtre de Siri, l’assistant IA actuel d’Apple.

Cette entrée a été créée automatiquement par l’assistant. Pas mal.
Cette entrée a été créée automatiquement par l’assistant. Pas mal.

Une troisième nouveauté déterminante pour Apple concernait le matériel : pour le Newton, Apple avait besoin d’un processeur puissant et aussi économe en énergie que possible. À l’époque, il n’existait rien de la sorte sur le marché. Apple a donc investi dans une petite entreprise britannique appelée Acorn Computers (en anglais), qui deviendra plus tard ARM (Advanced RISC Machines).

Apple a ensuite intégré le processeur ARM 610 à 20 MHz dans le MessagePad 120. C’était la première fois qu’un processeur ARM (en allemand) était intégré à un appareil mobile. Cela marque une étape importante pour l’iPhone, car aujourd’hui, la plupart des smartphones reposent sur l’architecture ARM.

Au regard des standards actuels, le reste du matériel semble presque ridicule : la ROM de 8 mégaoctets contient le système d’exploitation, et 2 mégaoctets suffisent pour la RAM. L’écran affiche une résolution de tout juste 240 × 320 pixels, sans couleur et sans rétroéclairage.

À noter qu’à l’époque, la mémoire pouvait être étendue à l’aide d’une carte PCMCIA, qui était peu ou prou l’équivalent de la carte SD des années 90, au format carte de crédit.

Vous pouvez agrandir la mémoire avec une carte PCMCIA.
Vous pouvez agrandir la mémoire avec une carte PCMCIA.

La fin de l’Apple Newton

Le Newton semble être une idée pratique et innovante, mais il n’était pas assez abouti et n’a guère rencontré de succès. Au total, seuls 200 000 exemplaires tous modèles confondus ont été vendus. En 1998, Steve Jobs est devenu CEO d’Apple et a complètement supprimé la gamme.

S. Jobs détestait l’idée de devoir utiliser un stylet, comme le prouve l’une de ses citations les plus célèbres tirées de la keynote sur le premier iPhone, où il a enterré publiquement le stylet : « Qui veut d’un stylet ? On le perd... Dieu nous a donné dix doigts. » C’est sans doute pour cette raison qu’il a également présenté le premier iPad en 2010 sans stylet et uniquement avec une fonction tactile.

Heureusement pour moi, cela a changé en 2015 sous la direction du CEO Tim Cook lorsque le premier iPad Pro a vu le jour, avec un Apple Pencil.

Qu’est devenu le Newton ?

Le Newton a certes été abandonné en 1998, mais il a continué à bénéficier de mises à jour pendant plusieurs années grâce à une communauté de fans fidèles qui utilisaient encore au quotidien les modèles ultérieurs légèrement plus performants. Cela a même permis au Newton de se connecter à un Mac via WiFi pour synchroniser le calendrier et les contacts.

Difficile d’imaginer qui s’est infligé cela. J’ai désespérément essayé d’enregistrer des contacts individuels dans le carnet d’adresses numérique de l’appareil sans le jeter contre le mur à la dixième faute de frappe.

Eh non, tout n’était pas mieux avant, mais le Newton était important pour l’avenir. C’est pourquoi je prends maintenant mon iPad Pro et je crée ma prochaine œuvre d’art avec un regain d’appréciation pour le stylet et la fluidité de l’utilisation.

Photo d’en-tête : Michelle Brändle

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Depuis que je sais tenir un crayon, je griffonne le monde en couleurs. Grâce à l’iPad, l’art numérique n’est pas en reste. C’est pourquoi j’aime tester les tablettes, qu’elles soient graphiques ou normales. Si je veux laisser libre cours à ma créativité sans m’encombrer, je prends des photos avec les derniers smartphones 


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