
Test de produit
Essai du Virtual Boy de Nintendo : un revival rétro (trop) fidèle à l'original
par Domagoj Belancic
La Nex Playground est une console qui se joue exclusivement en commande par mouvement. Le résultat est étonnamment convaincant et amuse même les grands enfants. Seul le modèle tarifaire ne fera pas l’unanimité.
La Xbox Kinect était la réponse de Microsoft à la Wii. Sa commande par mouvement allait même plus loin que la console de Nintendo et fonctionnait entièrement sans manette. L’engouement pour ces systèmes est depuis longtemps retombé. Aujourd’hui, on joue à nouveau presque exclusivement depuis le canapé ou devant son PC. La Nex Playground entend changer la donne. Cette mini-console s’adresse en premier lieu aux enfants et les fait bouger dans tous les sens. Les grands enfants s’amusent tout autant, comme Simon et moi pouvons en témoigner.
La Nex Playground est sortie en décembre 2023 aux États-Unis, avec plusieurs interruptions d’approvisionnement notamment dues à l’engouement de la fin de l’année dernière, avec 650 000 unités écoulées en 2025. Un chiffre record pour un premier produit. La Nex Playground devrait franchir l’Atlantique en 2026. Jusqu’à ce moment, il a fallu l’importer, ce que je me suis empressé de faire.

La Nex Playground est un petit cube coloré d’à peine huit centimètres d’arête, sans aucune touche. Le port HDMI pour la connexion au téléviseur et le port USB-C pour l’alimentation sont situés à l’arrière. La caméra avec le détecteur de mouvement se trouve sur la face avant.
Le seul accessoire fourni en plus de l’alimentation et du câble HDMI est une petite télécommande. Elle sert à la configuration et à la navigation, et la Nex Playground est installée en quelques minutes. Il suffit de créer un compte avec une adresse e-mail pour commencer à jouer.

Avec un prix de 250 USD, la console coûte nettement moins cher que la Switch et ses concurrentes (cinq jeux sont inclus). Le bémol, c’est que pour accéder à davantage de jeux, il faut souscrire un abonnement Play Pass, pour trois mois ou un an, au prix de 50 ou 90 dollars respectivement. Il donne actuellement accès à plus de 50 jeux, et de nouveaux contenus s’ajoutent chaque mois, mais ils ne sont pas comparables à ceux du Game Pass pour PC ou Xbox. Il s’agit le plus souvent de mini-jeux composés eux-mêmes de micro-jeux. La majorité sont des exclusivités Nex Playground, développées par Nex ou par des partenaires.
L’offre est séduisante et les enfants retrouvent avec plaisir des visages familiers comme Bluey, Peppa Pig ou Krokmou de Dragons. Les grands enfants comme moi lorgnent plutôt du côté des Tortues Ninjas ou des différents titres fitness. Cela me rappelle la Xbox One, sur laquelle je ponçais Kinect Fitness pendant l’hiver.

Contrairement au Kinect de Microsoft, il n’est pas possible de naviguer dans les menus par gestes ou par la voix. C’était de toute façon agaçant sur Kinect : je ne regrette rien ici non plus. Play OS, le système d’exploitation de la console, repose sur Google Android, mais on ne s’en rend pas compte. Grâce à son interface épurée, même les enfants prennent le système en main sans difficulté. Les jeux sont classés dans différentes catégories comme Top 10, Party Games, Sports ou Music & Dance. Vous pouvez mettre jusqu’à cinq titres en favoris pour les afficher en tête de liste.
Le système n’est actuellement disponible qu’en anglais ou en espagnol, mais le lancement prévu au printemps au Royaume-Uni, puis dans d’autres pays européens, devrait changer la donne. Il n’y a de toute façon pas beaucoup de texte à lire et les dialogues ne concernent qu’une partie des jeux.
Pour lancer un jeu, il suffit d’appuyer sur Play avec la télécommande. Selon le jeu, jusqu’à quatre personnes peuvent participer. On se place devant le téléviseur (et donc devant la caméra) en levant les deux bras. La Nex Playground reconnaît aussitôt les participants. La caméra offre un angle de vue de 176 degrés, ce qui permet de se tenir relativement près tout en restant dans le champ. Dès deux personnes, les jeux nécessitent toutefois pas mal d’espace, surtout ceux qui exigent beaucoup de mouvement, ou quand ce sont des enfants qui jouent.

J’ai principalement testé la console avec mon fils (5 ans) et ma fille (8 ans). Au bout de quelques minutes à peine, je me suis demandé s’il n’était pas trop tard pour souscrire une extension de garantie pour le téléviseur, car les enfants sautent et gesticulent des bras et des jambes dans un rayon clairement inadapté à notre salon. Malheureusement, je ne peux déplacer ni la télé ni le canapé. La seule option est d’orienter la caméra de manière à jouer sur le tapis, mais dans ce cas, on se retrouve de biais par rapport au téléviseur. C’est particulièrement frustrant dans les jeux où l’on apparaît à l’écran via la caméra.
On reste donc dangereusement proches du téléviseur, à un mètre et demi, et je me prépare mentalement à devoir acheter un nouvel écran.
Des jeux d’action aux jeux de sport en passant par les jeux de soirée, on trouve de tout ou presque. La grande majorité est accessible et compréhensible. De tous les jeux que nous avons testés, voici ceux qui m'ont le plus plu ainsi qu'à mes enfants :

La caméra de 12,3 mégapixels ne produit pas l’image la plus détaillée sur le téléviseur, mais les visages sont suffisamment reconnaissables pour apprécier les pitreries de chacun. Un cache magnétique permet de recouvrir l’objectif. Selon Nex, la console est certifiée idSAFE+ COPPA, une loi américaine sur la protection de la vie privée des enfants sur Internet. La console ne collecte aucune donnée, est exempte de publicité, ne propose ni achats in-game ni fonctions de chat, et fonctionne également hors ligne.
La Nex Playground n’est actuellement disponible qu’en import. On ignore encore si et quand Digitec et Galaxus proposeront le produit. Le prix officiel est de 249 USD.

Je n’attendais pas grand-chose de la Nex Playground. Une console pour enfants à l’abonnement payant obligatoire ? Gros red flag en ce qui me concerne, mais l’expérience de jeu parle d’elle-même. Parmi la cinquantaine de jeux proposés, il y en a largement assez pour amuser mes enfants, mon pote Simon et moi-même. Des mini-jeux divertissants sous licence connue aux jeux musicaux à vous faire transpirer en passant par les jeux de soirée chaotiques, il y en a pour tous les goûts.
La prise en main intuitive et la commande par mouvement m’ont bien convaincu aussi. En plus, l’offre de jeux est régulièrement étoffée. Mes enfants regardent en ce moment Avatar : Le Dernier Maître de l’Air pour la deuxième fois et se réjouissent qu’un jeu adapté arrive bientôt sur la Nex Playground.
Pour le prix d’un seul jeu Switch 2, vous obtenez une collection entière. Certes, aucun de ces titres ne rivalise avec un vrai jeu Nintendo, néanmoins, dans l’ensemble et grâce à une commande par mouvement inégalée aujourd’hui, la Nex Playground offre quelque chose d’unique. En bonus, vos enfants et vous ferez un peu d’exercice par la même occasion.
Pro
Contre
Enfant, je n’avais pas le droit d’avoir de console. Ce n’est qu’avec l’arrivée du PC familial 486 que le monde magique des jeux vidéo s’est ouvert à moi. Aujourd’hui, je compense largement ce manque : seuls le temps et l’argent m’empêchent d’essayer tous les jeux qui existent et de remplir mon étagère de consoles rétro rares.
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