Vos données. Votre choix.

Si vous n’acceptez que les cookies essentiels, nous utilisons des cookies et des technologies similaires pour collecter des informations sur votre appareil et votre comportement d’utilisation sur notre site Internet. Nous en avons besoin pour vous permettre, par exemple, de vous connecter en toute sécurité et d’utiliser des fonctions de base telles que le panier d’achats.

Si vous acceptez tous les cookies, nous pouvons également utiliser ces informations afin de vous afficher des offres personnalisées, améliorer nos sites et vous présenter des annonces publicitaires ciblées sur nos sites et d’autres sites ainsi que sur nos applications. Cela nous permet également de transmettre certaines données à des tiers et à nos partenaires publicitaires.

Shutterstock
Point de vue

Les réseaux sociaux sont le fléau de notre époque

Samuel Buchmann
19/2/2026
Traduction : Aglaë Goubi

Depuis des années, des plateformes comme Instagram ou TikTok créent impunément une dépendance et nuisent à notre santé mentale. Un constat qui me rend furieux.

Aux États-Unis, une jeune femme poursuit deux plateformes de réseaux sociaux en justice car celles-ci l’auraient rendue dépendante et psychiquement malade dès l’enfance. S’ensuit alors un bras de fer autour des définitions de la dépendance, des liens de causalité et de la responsabilité. La procédure durera des années et, au bout du compte, rien ou presque ne changera. C’est peut-être juridiquement correct, mais en tant qu’observateur, cela me frustre, car l’irresponsabilité des plateformes est flagrante.

Bien sûr que les réseaux sociaux créent une dépendance, et bien sûr que les exploitants le savent. La dépendance n’est pas un bug, c’est une fonctionnalité. Les géants de la tech versent des salaires mirobolants aux esprits les plus brillants de notre époque pour qu’ils développent des algorithmes conçus pour nous retenir le plus longtemps possible. Notre attention vaut plus que de l’or. Elle est aspirée, puis vendue aux enchères au plus offrant.

  • En coulisse

    Les réseaux sociaux sur le banc des accusés : 7 questions et réponses

    par Samuel Buchmann

Les réseaux sociaux gardent évidemment quelques côtés positifs, mais le bilan ne cesse de se dégrader. Le contenu algorithmique et la bouillie générée par l’IA ont largement éclipsé l’aspect social. Tout bien considéré, les plateformes dans leur état actuel nuisent à notre santé mentale, polarisent notre société et gaspillent notre temps de vie... Et personne ne les en empêche. Ni les scrupules moraux, parce que les incitations financières l’emportent sur ceux-ci , ni la justice, car ses rouages tournent trop lentement, ni la politique, parce que la pression des lobbys et de Wall Street est trop forte.

De l’héroïne numérique dans les chambres d’enfants

On pourrait aussi en appeler à la responsabilité individuelle des utilisatrices et utilisateurs, mais ça reviendrait à conseiller à une personne souffrant d’addiction au jeu de simplement se reprendre en main : des spécialistes alertent depuis des années (en anglais) sur le fait que scroller sans fin des vidéos courtes déclenche dans le cerveau les mêmes mécanismes qu’une machine à sous. Les algorithmes exploitent notre centre de dopamine sans vergogne. Quiconque veut résister à cette tentation omniprésente a besoin d’une discipline de fer.

Les enfants et les adolescents sont encore moins capables d’évaluer le risque de dépendance (lien en allemand) et le fait qu’ils aient tout de même le droit d’utiliser Instagram et TikTok est absurde. Vendre de l’alcool à des mineurs est passible d’une amende. Dealer de la cocaïne dans une cour d’école vous envoie en prison. Mark Zuckerberg distribue de l’héroïne numérique dans les chambres d’enfants et en est pourtant récompensé en amassant une fortune colossale.

Les parents sont pris dans un dilemme (en anglais) : interdire les réseaux sociaux à un enfant seul risque d’en faire un paria isolé. De l’autre côté, leur utilisation peut mener à la dépendance, au cyberharcèlement et à des troubles de l’estime de soi. Les exploitants le savent depuis longtemps (en anglais), mais la culpabilité collective et l’engagement généré par le contenu négatif (en anglais) sont bien trop lucratifs pour se soucier des conséquences sur la société.

Se piéger soi-même en dernier recours

J’aimerais pouvoir conclure sur une note positive, mais pour être franc, je broie plutôt du noir. Les grandes entreprises ne changeront pas d’elles-mêmes et continueront à exploiter le cadre légal au maximum pour gonfler leurs profits. Les annonceurs (dont Digitec Galaxus) continueront de verser de l’argent à Meta et consorts pour toucher leurs publics cibles. La plupart des utilisatrices et utilisateurs continueront de scroller vers le malheur, bernés par de puissants algorithmes.

La seule voie d’amélioration passe par des lois plus strictes, à l’image de celles qui encadrent d’autres substances addictives. Les lueurs d’espoir sont par exemple les interdictions des réseaux sociaux pour les jeunes et les efforts réglementaires de l’UE, mais à l’échelle mondiale, ce ne sont que des gouttes d’eau dans l’océan. La question de savoir si de telles lois peuvent effectivement être appliquées est encore un tout autre sujet.

En attendant, il ne reste donc que des recommandations personnelles : supprimer complètement les réseaux sociaux est difficile, tant ils imprègnent notre société. Dans le meilleur des cas, vous pouvez tout de même vous en passer. Sinon, essayez au moins d’utiliser les plateformes avec modération et sensibilisez votre entourage. De petits gestes comme la mise en place de limites de temps et la désactivation des notifications aident déjà à lutter contre la dépendance. Il est aussi assez efficace de supprimer les applis de la page d’accueil de votre smartphone. Vous serez surpris de voir à quel point elles ne vous manqueront pas.

Photo d’en-tête : Shutterstock

Cet article plaît à 106 personne(s)


User Avatar
User Avatar

Mon empreinte digitale change régulièrement au point que mon MacBook ne la reconnaît plus. Pourquoi ? Lorsque je ne suis pas assis devant un écran ou en train de prendre des photos, je suis probablement accroché du bout des doigts au beau milieu d'une paroi rocheuse. 


Point de vue

Vous lirez ici une opinion subjective de la rédaction. Elle ne reflète pas nécessairement la position de l’entreprise.

Tout afficher

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

  • Point de vue

    La dystopie de Mark Zuckerberg

    par Oliver Herren

  • Point de vue

    L'IA rend les gens stupides - et les entreprises plus pauvres

    par Oliver Herren

  • Point de vue

    Comment réagir face aux vidéos d’IA trompeuses

    par David Lee

69 commentaires

Avatar
later