
« Heart of the Beast » touche en plein cœur – et aux tripes
Le meilleur ami de l'homme est le chien. Dans « Heart of the Beast », cette expression rebattue est tout un programme. Ce film d'aventure, calme sur une grande partie de sa durée, ne laisse personne indifférent.
Ne vous inquiétez pas : la critique de film suivante ne contient aucun spoiler. Je ne vous en dirai pas plus que ce qui est déjà connu et visible dans les bandes-annonces. «Heart of the Beast» sort au cinéma le 24 septembre.
«J'espère que tu as tes mouchoirs à portée de main», m'écrit ma collègue Aline avant que je ne regarde «Heart of the Beast». Après avoir vu la bande-annonce, elle est très inquiète pour le sort du chien dans le film. Et honnêtement, je ressens la même chose. Je ne révélerai évidemment pas ici si ces inquiétudes sont fondées ou non. En tout cas, le conseil d'Aline concernant les mouchoirs était en or, car j'en ai eu besoin…
L'intrigue
James Belmont est un ancien officier des forces spéciales. Lui et son ami Odin, un chien militaire hautement entraîné, ont vécu de près les horreurs de la guerre et aspirent au calme et à la paix. Ils trouvent les deux lors d'une excursion au cœur de la nature sauvage de l'Alaska – du moins au début. Car ce qui commence par « griller, chiller et boire des bières » se transforme rapidement en un voyage de survie. Après un crash d'avion, les deux entament le long et pénible chemin du retour vers la civilisation. Ils doivent alors affronter les nombreux dangers de la nature sauvage. Ils ne peuvent compter sur aucune aide technique ou numérique ; James et Odin n'ont que eux-mêmes et l'un l'autre, mais cela suffit amplement.

Source : Paramount Pictures
D'un scénario populaire à un film réussi
Le scénario de «Heart of the Beast» écrit par Cameron Alexander figurait en 2017 sur la liste annuelle des scénarios les plus populaires mais non encore portés à l'écran à Hollywood. Quelques années plus tard, David Ayer («Suicide Squad») a été chargé de réaliser le film. Le rôle principal a été confié à Brad Pitt, avec qui Ayer avait déjà collaboré sur «Fury». Pitt a également coproduit le film avec sa société Plan B. Alexander, Ayer et Pitt, ces trois noms représentent ici tous ceux qui ont fait un travail remarquable sur «Heart of the Beast».
Le film permet de comprendre facilement pourquoi le scénario de Cameron Alexander était si convoité. Pour cette réalisation, David Ayer s'appuie sur ses forces en tant que réalisateur, qui l'avaient déjà distingué pour End of Watch. Il met en scène la lutte pour la survie de James et Odin de manière captivante tout en restant réaliste, parfois presque documentaire. Il réussit à porter un regard sans fard sur les dangers qui peuvent menacer dans la nature sauvage de l'Alaska (la Nouvelle-Zélande a servi de « doublure » pour le tournage principal). Il renonce ainsi – à l'exception de deux utilisations ratées d'images de synthèse – à tout effet facile. Le film n'en a d'ailleurs pas besoin, les magnifiques paysages et les forces implacables de la nature sont suffisamment impressionnants.

Source : Paramount Pictures
Le partenaire de Brad à la truffe froide
Mise en scène captivante ou nature à couper le souffle, «Heart of the Beast» vit et fonctionne avant tout grâce à ses acteurs principaux. Le film repose sur les épaules de Brad Pitt et d'Uber – c'est le vrai nom du chien qui joue Odin –, et tous deux maîtrisent cette tâche avec brio.
La complicité et le lien entre l'homme et l'animal sont réels et semblent tout à fait naturels. Je crois aussi à tout moment à ces anciens soldats traumatisés par la guerre et conditionnés pour survivre – même lorsqu'ils sursautent la nuit parce qu'ils sont hantés par leur passé pendant leur sommeil. Brad Pitt livre une fois de plus une solide performance d'acteur. Pour Uber, cela a sans doute aidé qu'il soit un chien de recherche et de sauvetage retraité.

Source : Paramount Pictures
Avec des films comme «Heart of the Beast», c'est toujours délicat. Les animaux déclenchent immédiatement ma compassion et éveillent mon instinct protecteur. D'un autre côté, il y a vite un risque que l'intrigue sombre dans le ridicule ou le kitsch. David Ayer ne commet pas cette erreur. Certes, l'histoire de James Belmont et Odin ressemble à des montagnes russes émotionnelles qui m'ont ému aux larmes. Pourtant, le film ne cherche pas à forcer les larmes, il évite tout pathos excessif. Il raconte les aventures des deux protagonistes de manière naturelle et organique, si bien que les émotions surgissent d'elles-mêmes pendant le visionnage. Et c'est ça, le grand cinéma. Mouchoirs inclus.

Source : Paramount Pictures
Bilan
Cette lutte pour la survie entre l'homme et l'animal ne laisse personne indifférent.
Je suis un papa et un mari pur-sang, un nerd et un éleveur de poulets à temps partiel, un dompteur de chats et un amoureux des animaux. J'aimerais tout savoir, mais je ne sais rien. Je sais encore moins de choses, mais j'en apprends tous les jours. Ce qui me plaît, c'est le maniement des mots, parlés et écrits. Et c'est ce que je peux démontrer ici.
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