

Test du M5 Pro et du M5 Max MacBook Pro : encore plus de la même chose
Apple intègre de nouvelles puces dans le design bien connu de son ordinateur portable professionnel. C’est certes une avancée notable, mais pas particulièrement innovante.
Encore plus. Plus de cœurs, plus de puissance, plus de mémoire : le nouveau MacBook Pro équipé des puces M5 Pro et M5 Max promet le genre d’avancées auxquelles je me suis habitué depuis quatre générations. On se demande toutefois de plus en plus à qui s’adressent encore les configurations haut de gamme du MacBook Pro.
Je passe les nouvelles puces au crible et vérifie notamment si cette puissance accrue affecte l’autonomie de la batterie. Je ne m’attarderai pas sur le design, l’écran, les haut-parleurs, les ports, le clavier et le trackpad qui restent tous aussi bons que d’habitude. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter cette page et celle-ci. Les modèles testés sont le 14 pouces équipé du M5 Pro et le 16 pouces équipé du M5 Max. Les puces, dans leur version complète avec tous leurs cœurs, sont accompagnées respectivement de 24 et 48 gigaoctets (Go) de mémoire vive (RAM).
Performances : un bond en avant
À l’instar de leurs prédécesseurs, les puces de la génération M5 sont fabriquées en 3 nanomètres, désormais utilisant le tout dernier procédé de TSMC (N3P). Il en résulte des cœurs plus rapides, mais pas nécessairement une meilleure efficacité énergétique. Pour la première fois, Apple utilise pour les puces Pro et Max l’architecture dite « Fusion », qui n’était jusqu’à présent utilisée que pour la M3 Ultra. Celle-ci consiste à coupler deux cartes pour former un système sur puce (SoC). Chez d’autres fabricants, on appelle cela la conception « chiplet », ce qui rend la production plus efficace, car il y a moins de rebuts.
Apple a entièrement repensé son processeur. Désormais, la société californienne ne distingue plus seulement deux, mais trois types de cœurs : les Super Cores, les Performance Cores et les Efficiency Cores. Les M5 Pro et M5 Max sont composés exclusivement des deux premiers. Les Super Cores semblent être en quelque sorte les anciens Performance Cores sous stéroïdes. Les nouveaux Performance Cores devraient être moins puissants que les anciens, mais plus performants que les Efficiency Cores. Apple continue d’utiliser ces derniers dans les puces moins puissantes, comme le M5 de base. Les M5 Pro et M5 Max sont tous deux équipés du même processeur pouvant compter jusqu’à 18 cœurs.
Les changements apportés au GPU sont moins importants. Il continue de compter jusqu’à 20 cœurs pour le M5 Pro et jusqu’à 40 cœurs pour le M5 Max. Apple intègre désormais un accélérateur neuronal dans chaque cœur. De plus, la bande passante mémoire est supérieure à celle des puces précédentes.

Le SSD offre désormais une capacité d’au moins 1 téraoctet (To) lorsque vous achetez un MacBook Pro équipé d’un M5 Pro. Avec le M5 Max, cette capacité est d’au moins 2 To. La vitesse augmente également de manière significative : j’ai mesuré des vitesses d’écriture et de lecture d’environ 13 000 mégaoctets par seconde, c’est presque exactement le double de ce que proposaient les SSD du modèle précédent.
CPU : les cœurs les plus rapides de tous les temps
En mode monocœur (diapositive 1 du graphique ci-dessous), les nouveaux Super Cores offrent des performances supérieures à celles de n’importe quel autre processeur, notamment chez Apple, mais aussi dans l’ensemble du secteur. Même les processeurs de bureau les plus puissants d’AMD et d’Intel sont respectivement 27 % et 34 % moins performants que le M5 Max dans Geekbench. Le Snapdragon X2 Elite Extreme de Qualcomm s’en approche à 7 %. Leurs prédécesseurs directs (M4 Pro et M4 Max) sont devancés d’environ 10 % par les nouvelles puces d’Apple.
Lorsque tous les cœurs sont sollicités (diapositive 2), l’avance sur les puces précédentes passe à 14 %. Les meilleurs processeurs d’AMD, d’Intel et de Qualcomm accusent un retard de plus de 20 %, bien qu’ils consomment tous davantage d’énergie. La domination d’Apple dans le domaine des processeurs est actuellement impressionnante.
GPU : le Max progresse plus que le Pro
Les performances graphiques s’améliorent également par rapport à la génération M4. Apple parle d’« une augmentation pouvant atteindre 30 % ». Mes tests de performance montrent ce que ce « jusqu’à » signifie concrètement : en moyenne (diapositive 1 du graphique ci-dessous), le M5 Max affiche des scores supérieurs de 16 % à ceux de son prédécesseur. Le M5 Pro ne surpasse le M4 Pro que de 9 %. Je n’atteins les 30 % de progression promis que dans Cinebench R24 (diapositive 2), qui prend en charge le ray tracing.
Je teste désormais également les performances dans « Cyberpunk 2077 », dont une version native pour macOS est disponible depuis l’année dernière. En résolution 1440p sans ray tracing et avec un niveau de détail élevé, le M5 Max atteint en moyenne 73 images par seconde (FPS), sans upscaling ni FrameGen. C’est certes 26 % de plus que ce que le M4 Max est capable de faire, mais cela reste 33 % de moins que la GeForce RTX 5090 Mobile de Nvidia (109 fps).
Productivité : le M5 Max est un monstre
Je constate un gain de performances impressionnant lors de l’exportation vidéo dans DaVinci Resolve. Le M5 Max traite un projet de douze minutes comprenant un étalonnage des couleurs, des titres animés et divers effets spéciaux en seulement 2,5 minutes, c’est plus de 40 % plus rapide que le M4 Max. Il semble que c’est ici que sont combinés la puce la plus rapide, la bande passante la plus élevée et le SSD le plus rapide. Le M5 Pro surpasse également son prédécesseur de 34 %.
Lors de mon test d’exportation dans Lightroom, le M5 Pro surpasse même le M4 Pro de 41 %. Le M5 Max, en revanche, reste presque au niveau de l’ancienne puce, je ne saurais dire pourquoi. Même après plusieurs tests supplémentaires, le résultat reste inchangé. Je suis agréablement surpris par les résultats obtenus lors du calcul d’un filtre de bruit IA et d’une scène dans Blender, deux tâches qui nécessitent beaucoup de puissance GPU. Dans ces deux tests, le M5 Max obtient des résultats supérieurs de 33 % à ceux de son prédécesseur, tandis que le M5 Pro affiche respectivement 34 % et 41 % de mieux.
Autonomie : régression pour les tâches légères
Le processeur plus puissant et le passage des Efficiency Cores aux Performance Cores « optimisés » ont un impact négatif sur la consommation d’énergie, notamment en veille et lors de tâches légères. Le MacBook Pro 16 pouces équipé du M5 Max tient 15 % moins longtemps lors de mon test d’endurance YouTube (diapositive 1 du graphique ci-dessous). La version 14 pouces équipée du M5 Pro affiche même une baisse de 20 % par rapport au modèle précédent.
En charge, le M5 Pro est toutefois plus efficace que le M4 Pro (diapositive 2). Cinq exportations de ma vidéo de test consomment 30 % d’énergie en moins. Le M5 Max reste à peu près au même niveau que le M4 Max. En utilisation mixte, le nouveau MacBook Pro devrait tout de même tenir un peu moins longtemps que le modèle de l’année dernière. En valeur absolue, l’autonomie reste toutefois à un niveau si élevé que ce léger recul n’a pratiquement aucune importance dans la pratique.

Bilan
Bien, mais où sont les innovations ?
Le nouveau MacBook Pro n’est ni une mauvaise ni une bonne surprise. Il offre des performances nettement supérieures, qui se concrétisent selon les programmes, mais la question est de savoir si l’on ressent réellement cette différence à un tel niveau. Le M5 Max, en particulier, est si rapide que seuls les flux de travail haut de gamme tirent un avantage tangible de ces progrès. De plus, les processeurs plus puissants consomment davantage d’énergie en veille que leurs prédécesseurs.
Vu sous un angle positif, le développement incessant d’Apple se traduit chaque année par un meilleur rapport qualité-prix, car il faut acheter des configurations de moins en moins coûteuses pour accomplir les mêmes tâches. Celles et ceux qui avaient autrefois besoin d’un M1 Max peuvent aujourd’hui se contenter d’un M5 Pro. Pour la plupart, le M5 de base devrait même suffire.
C’est super, mais j’aimerais voir davantage de nouveautés au bout d’un moment. Où est le superbe écran OLED tandem de l’iPad Pro ? Pourquoi le MacBook Pro est-il toujours aussi épais ? Les puces sont depuis longtemps suffisamment efficaces pour permettre une autonomie légèrement réduite en échange d’un boîtier plus fin. Selon les rumeurs (en anglais), cela pourrait être le cas dès fin 2026, mais ces innovations risquent de coûter cher : le nouveau MacBook porterait le nom « Ultra », tandis que le MacBook Pro équipé de puces M5 resterait dans la gamme. Je suis impatient de voir ça.
Pro
- performance énorme
- SSD plus grand et plus rapide
- très bonne autonomie de la batterie
- design élégant, finition parfaite
- écran et haut-parleurs au top
Contre
- pas d’innovations originales
- mises à niveau de la mémoire vive et du SSD chères
Mon empreinte digitale change régulièrement au point que mon MacBook ne la reconnaît plus. Pourquoi ? Lorsque je ne suis pas assis devant un écran ou en train de prendre des photos, je suis probablement accroché du bout des doigts au beau milieu d'une paroi rocheuse.
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