
En coulisse
En mode zen : comment une cérémonie du thé a vidé nos esprits
par Darina Schweizer

À côté du café, le thé mène une existence discrète. Il est injustement considéré comme fade et ennuyeux. En tant que véritable connaisseuse, je sais pourtant que le thé est une déclaration, une rébellion silencieuse.
Vous a-t-on déjà proposé un thé avant un café ? Moi, jamais. Y a-t-il dans votre bureau, outre une machine à café automatique, une à porte-filtre et une à capsules, plusieurs sortes de thé parmi lesquels vous pouvez choisir ? Probablement pas. Sous nos latitudes, le café est la norme, dans toutes ses variantes. En ce qui concerne le thé, je peux choisir, si tant est que cela soit possible, entre un thé noir Lipton sans saveur et un thé à la menthe poussiéreux. Le tout accompagné de la maigre explication d’un collègue : « On ne boit du thé que lorsqu’on est malade. »
Je me retiens toujours de répondre « C’est peut-être justement pour ça que tu es malade ». Le thé n’est pas seulement apaisant et digestif, il atténue les inflammations, renforce le système immunitaire et ce, sans augmenter l’acidité gastrique ni stimuler le corps.
Et attendez, ce n’est que le début !
Voici cinq raisons pour lesquelles le thé n’est pas une boisson insipide réservée aux malades et aux personnes ennuyeuses, mais un véritable élixir miracle.
Verveine, cynorrhodon... les quelques variétés proposées par la plupart des restaurants n’ont rien à voir avec la véritable gamme de thés. Les infusions de fruits et de plantes (aussi délicieuses soient-elles) ne sont pas de vrais thés (lien en allemand), mais des produits similaires au thé. La raison : elles ne sont pas issues de la plante de thé Camellia sinensis. Même avec des thés tendance comme le matcha, on est loin d’avoir découvert tout l’univers du thé. Essayez le thé jaune, le kukicha, le thé blanc ou encore le hojicha.
Je les entends déjà, les remarques qui disent que le thé n’a pas de goût. Elles proviennent généralement de personnes qui utilisent des sachets de thé et ajoutent du sucre. Pas étonnant : ceux qui ne regardent pas au-delà de leur propre cuisine et freinent les arômes n’iront pas loin. Un thé en vrac de grande qualité (donc pas en sachet), comme un pu-erh shu, infusé avec quelques fruits cuits ou agrémenté d’épices, fait littéralement s’épanouir les papilles gustatives.
Dans mon cercle d’amis, le café est à peu près aussi bien toléré que les Mentos et le Coca Cola. Alors qu’une amie souffre de palpitations cardiaques, une autre se plaint de maux d’estomac. Quant à moi, le café me provoque des nausées qui durent plusieurs heures, voire plusieurs jours. À l’inverse, je ne connais personne qui ne supporte pas le thé. À part peut-être ceux qui, comme moi autrefois, boivent chaque jour une cruche entière de masala chai fait maison. C’est la dose qui fait le poison. Varier les types de thé (lien en allemand) est essentiel.
Le thé réveille sans surexciter. Le matcha, par exemple, augmente l’énergie moins brusquement (lien en allemand) que le café, mais son effet est plus régulier et plus durable, pouvant aller jusqu’à six heures. Il stimule l’esprit sans mettre les nerfs à rude épreuve et prouve que la performance n’est pas nécessairement liée à l’agitation intérieure. Fidèle à la devise : « Avec le thé, tu ne feras pas mieux, mais plus longtemps. »
La préparation du thé prend également plus de temps. On prend **rapidement ** un café, mais on boit **tranquillement ** un thé, confortablement. La personne qui prépare un thé vous montre qu’elle prend le temps de s’occuper de vous et qu’elle ne se précipite pas d’un rendez-vous à l’autre.
Vu sous cet angle, le thé n’est pas ennuyeux, mais rebelle, car dans notre monde où tout va très vite, quiconque sort quelques minutes du mode turbo pour préparer et déguster un thé prend clairement position contre l’accélération sans fin et l’augmentation de l’efficacité, et se fait du bien par la même occasion.
Puis-je donc vous offrir un thé ?
Ou vous préférez le café ? Dites-moi dans les commentaires quelle est votre boisson chaude préférée.
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