
Le Panasonic Lumix L10 est loin du Fujifilm X100VI
Appareil photo aux dimensions pratiques et doté d’un objectif fixe, le Panasonic Lumix L10 semble être une alternative au Fujifilm X100VI. Les deux appareils sont pourtant bien différents.
Si le Panasonic Lumix L10 est en vente depuis juin 2026, les quantités disponibles restent très limitées. J’ai dû attendre le mois d’octobre pour recevoir mon appareil de test. En le déballant, je me suis tout de suite dit qu’on était loin d’un appareil photo compact. Le L10 fait à peu près la taille d’un petit appareil photo reflex ou du Fujifilm X100VI. Il est nettement plus grand que le Ricoh GR IV, malgré un capteur plus petit que celui des deux autres. Pour vous aider à vous rendre compte des proportions, voici la comparaison de Camerasize.com.

Source : camerasize.com
Comparaison avec le modèle précédent et la concurrence
Outre la taille et la faible disponibilité, le Panasonic Lumix L10 et le Fujifilm X100VI ont également en commun leur objectif fixe et leur design rétro. Une différence notable : le L10 est équipé d’un objectif zoom, tandis que le Fujifilm X100VI dispose d’un objectif grand-angle à longueur focale fixe. L’objectif zoom prend pas mal de place, mais comme ces deux appareils sont trop grands pour rentrer dans une poche, ce n’est pas vraiment un inconvénient.

Source : camerasize.com
Cet objectif, dont la longueur focale équivalente en plein format est comprise entre 24 et 75 mm, était déjà utilisé sur le LX100 II de 2018. Ce dernier peut être considéré comme le modèle précédent, même si son nom vient d’une autre gamme.
Attention toutefois à ne pas qualifier le Panasonic Lumix L10 de « Fujifilm X100VI avec zoom ». La résolution utilisable est réduite de moitié et l’utilisation est très différente, tout comme de nombreux détails. Ce tableau constitue un petit aperçu.
L’utilisation demande un temps d’adaptation
L’appareil photo Panasonic comporte beaucoup plus de boutons que le modèle concurrent de Fujifilm. On pourrait presque dire qu’il y en a trop. Le bouton de lecture est situé juste sous le pouce, pas étonnant que je me retrouve souvent à appuyer dessus par inadvertance.

Le L10 ne dispose pas de molette de sélection à l’avant, uniquement à l’arrière. La croix directionnelle peut également pivoter, ce qui donne finalement deux roues. Si l’ouverture se règle directement sur l’objectif, il est également possible d’en attribuer le réglage à une molette.
Pour cette option, il faut régler l’objectif sur « A », ce qui peut prêter à confusion, car « A » n’active pas le réglage automatique du diaphragme (mode S ou P). Pour cela, il faut utiliser la molette de sélection des modes. À cet égard, je trouve l’utilisation du Fujifilm X100VI nettement plus intuitive. Ce dernier dispose également d’une molette pour la vitesse d’obturation et les deux peuvent être réglées sur « automatique ». Les modes P, S, A et M s’imposent d’eux-mêmes, pas besoin de molette de sélection des modes. Pour le Panasonic Lumix L10, c’est différent.

L’appareil photo se configure de manière très flexible. C’est à la fois judicieux et nécessaire, car les réglages d’usine laissent parfois à désirer. Au début, je ne pouvais par exemple déplacer la zone d’autofocus qu’à l’aide de l’écran tactile, ce qui n’était pas très pratique lorsque je regardais dans le viseur. Pour régler le problème, je n’ai eu qu’à attribuer la sélection de champ à la touche de gauche de la croix directionnelle.
Le zoom de l’objectif ne s’actionne que de manière électronique, à l’aide d’une bascule située sur le déclencheur ou de la bague de zoom de l’objectif. Comme je n’ai pas besoin de deux commandes pour faire la même chose, j’en profite pour attribuer une autre fonction à la bague de zoom. Je peux ainsi rendre le réglage de la sensibilité ISO directement accessible ou bien activer le zoom par paliers sur la bague et utiliser la bascule pour zoomer en continu. Pour la mise au point manuelle, la bague devient une bague de mise au point.
Souplesse du format d’image
J’apprécie particulièrement les curseurs situés directement sur l’objectif qui me permettent de sélectionner le mode de mise au point et le format d’image. Panasonic est resté fidèle à ce concept qui existait déjà sur mon LX3 du début des années 2000. On y retrouve également une utilisation inhabituelle de la surface du capteur.

Le capteur est légèrement plus grand que le cercle d’image. Que ce soit en 4:3, 1:1, 16:9 ou 3:2, aucun format d’image ne permet d’utiliser toute la surface du capteur. Le capteur dispose de 26 mégapixels, mais seuls 20 sont réellement utilisables. L’avantage, c’est qu’il existe plusieurs formats d’image équivalents. Contrairement à la plupart des appareils photo qui ne peuvent générer d’autres formats d’image qu’en recadrant l’image d’origine, l’appareil Panasonic offre bien plus de souplesse. Cette ancienne fonctionnalité s’intègre étonnamment bien dans le paysage médiatique actuel.
Qualité d’image : rien de nouveau
Autrefois, la qualité d’image était l’élément le plus important d’un appareil photo. Aujourd’hui, c’est un aspect qui passe au second plan. Les capteurs sont rarement neufs, et même lorsqu’ils le sont, ils n’apportent guère d’améliorations en termes de bruit d’image et de plage dynamique. Ce phénomène est connu et ne constitue pas une raison d’acheter un nouvel appareil.
Il en va de même pour le L10 dont le capteur était déjà utilisé sur les appareils photo reflex GH7 et G9II. Il s’avère très performant pour le petit format micro 4/3, avec peu de bruit et une large plage dynamique.

Si l’objectif est équipé d’un stabilisateur d’image intégré, ce n’est pas le cas du capteur. Cela suffit pour des temps d’exposition allant jusqu’à environ 1/10 de seconde en prise de vue à main levée. Sur ma photo test, les bords sont flous en grand-angle. À part ça, la netteté est plutôt bonne. Les performances exactes d’un objectif en matière de netteté peuvent varier d’un appareil à l’autre.

Pas de faiblesses notables au niveau de l’autofocus
L’autofocus fonctionne lui aussi très bien à basse luminosité, même de nuit. Pour faire la mise au point, il utilise une lumière d’assistance rouge. L’autofocus ne dépend toutefois pas nécessairement de cette lumière, car il est capable de fonctionner à des distances supérieures à 3 m.
Comme c’est souvent le cas aujourd’hui, le Panasonic Lumix L10 reconnaît également des sujets tels que les visages, les yeux, les animaux ou les véhicules. Il n’y a pas de sélection automatique. « Animaux » est toutefois un terme très général, car si l’appareil reconnaît bien les chiens et les chats, la longueur focale de l’objectif est insuffisante pour les oiseaux. Je n’ai donc pas testé cette fonctionnalité.
L’appareil photo dispose d’un bouton autofocus « On », mais pas d’un bouton permettant d’accéder à toutes les options d’autofocus. Là encore, la possibilité de reprogrammation s’avère très utile. Je peux par exemple attribuer le mode autofocus à une touche de fonction, ce qui me permet de sélectionner la zone de mise au point et la reconnaissance des motifs. Le changement entre les modes autofocus S et autofocus C ne peut cependant pas être programmé de cette manière.
En mode macro, il est également possible de faire des gros plans. En grand-angle, on peut presque toucher le sujet tout en réglant sa mise au point. Malheureusement, le téléobjectif ne me permet pas d’obtenir un tel grossissement. De plus, l’autofocus me renvoie une information erronée en m’indiquant qu’il a fait la mise au point, alors que ce n’est pas le cas.

Vitesse et effet « rolling shutter »
Avec l’obturateur mécanique, l’appareil photo atteint une cadence de prise de vue en rafale de 9 images par seconde. Une valeur correcte qui suffit pour la plupart des usages. Avec l’obturateur électronique, l’appareil photo prend 30 images par seconde. On risque ici d’être confronté à l’effet de rolling shutter. En cas de mouvements très rapides, les lignes se déforment parfois avec l’obturateur électronique si le capteur ne peut pas être lu assez rapidement.
Le test du ventilateur montre que l’obturateur électronique fonctionne correctement : les pales sont visiblement déformées, mais j’ai déjà vu bien pire.




Vidéo : beaucoup de formats, peu de connecteurs
L’appareil photo dispose d’un vaste choix de réglages de qualité vidéo. La résolution la plus élevée est impressionnante avec 5632 × 1976 à 60 fps. Cela correspond à un format d’image de 17:9. Il existe également un concept similaire à Open Gate. Une véritable fonction Open Gate n’aurait pas de sens avec cette utilisation du capteur, mais avec un format d’image 4:3, l’appareil atteint une résolution vidéo de 5184 × 3888, même si ce n’est qu’à 30 fps. Bien entendu, les formats classiques tels que la 4K/UHD sont également pris en charge, avec une qualité de suréchantillonnage.
Malgré ces caractéristiques techniques impressionnantes, l’appareil photo n’offre pas une solution globale de premier ordre pour la vidéo. Tout d’abord, il manque des connecteurs vidéo importants. Il n’y a ni sortie HDMI ni prise casque, ce qui est inhabituel dans cette gamme de prix. À cela s’ajoutent des problèmes de surchauffe. Lors de mon test, l’appareil n’a fonctionné que 11 minutes à température ambiante avec la qualité d’enregistrement la plus élevée avant de s’éteindre en raison d’un risque de surchauffe. Les conditions de dissipation de la chaleur étaient pourtant optimales : j’avais posé l’appareil sur un trépied et déplié son écran. Lors d’un autre test en résolution UHD et à 50 fps, l’appareil a fini par s’éteindre au bout de 25 minutes.
Une batterie puissante et très gourmande en énergie
Le boîtier relativement grand de l’appareil permet d’accueillir une batterie de grande capacité. Sa capacité de 2200 mAh correspond à plus du double de celle du LX100 II et s’avère nettement supérieure à celle du Fujifilm X100VI. L’autonomie réelle de la batterie n’est pas tout à fait aussi impressionnante. Il semblerait que le processeur consomme beaucoup d’énergie. Avec le viseur électronique, l’appareil photo peut prendre 410 photos selon la méthode de test CIPA, contre 310 pour le Fujifilm. Mais l’appareil Fujifilm dispose aussi d’un viseur optique, ce qui lui permet de prendre jusqu’à 450 photos. Chez Panasonic, cette option n’existe pas.
À noter que Panasonic ne fournit ni chargeur ni câble de recharge. Ce n’est pas forcément un problème, vu que la plupart des gens possèdent déjà un câble de recharge USB-C, et ça permet d’éviter les déchets électroniques.
Bilan
Un appareil polyvalent pour le quotidien
Le Panasonic Lumix L10 est idéal pour la photographie de rue, les voyages et au quotidien pour celles et ceux qui n’ont pas envie d’utiliser uniquement leur smartphone. En raison de sa courte longueur focale, il n’est pas franchement adapté à la photographie sportive ou animalière, malgré un autofocus et une vitesse de qualité.
Comparé au Fujifilm X100VI, le Panasonic Lumix L10 brille par sa polyvalence grâce à son objectif zoom et à la liberté de choix du format d’image. Mais la polyvalence n’est pas gage de qualité. La résolution réellement utilisable est deux fois moindre et les connecteurs sont très limités. L’objectif est stabilisé, mais pas le capteur (chez Fujifilm, c’est l’inverse). Sans compter que le viseur hybride du X100VI reste un argument de vente unique pour Fujifilm.
L’interface est elle aussi très différente. Je la trouve moins aboutie que celle de Fujifilm, même si elle s’avère adaptée à un usage quotidien après quelques réglages personnalisés. Là aussi, la polyvalence constitue son atout majeur : les possibilités de configuration sont infinies, chaque touche pouvant être associée à n’importe quelle fonctionnalité.
Pour ce qui est de la fonction vidéo, j’avoue que je suis partagé. Si elle marque des points par sa bonne qualité d’image et son large choix de formats, son manque de connecteurs et sa surchauffe rapide s’avèrent décevants. Ce dernier point réduit à néant l’autonomie de la batterie, pourtant bonne, lors de l’utilisation en mode vidéo. En mode photo, la batterie puissante s’avère cependant un véritable atout.
Pro
- objectif polyvalent
- utilisable par faible luminosité
- bonne qualité vidéo
- bonne autonomie de la batterie
- formats d’image polyvalents et sans perte
- configuration modulable
Contre
- peu compact
- résolution plutôt faible
- absence de port HDMI et casque
- le bouton lecture s’actionne parfois par inadvertance
- réglages d’usine mal pensés
- pas de stabilisation d’image par capteur
Mon intéret pour l'informatique et l'écriture m'a mené relativement tôt (2000) au journalisme technique. Comment utiliser la technologie sans se faire soi-même utiliser m'intéresse. Dans mon temps libre, j'aime faire de la musique où je compense mon talent moyen avec une passion immense.
Nos expertes et experts testent les produits et leurs applications, de manière indépendante et neutre.
Tout afficher












